Le processus de communication visuelle et la sémiologie graphique

Le processus de communication visuelle et la semiologie graphique

Cet article appartienne à la série : « L’image et la stratégie global de contenu »

Il faut insister sur les composants incontournables dans le processus de communication visuelle, afin de comprendre quels sont les enjeux d’une communication efficace. Le modèle de Shannon et Weaver (Miguel de Bustos, 2004) est le plus pertinent pour représenter ce processus, qui s’adapte aussi à la communication visuelle sur les médias sociaux dans un environnement global.

Figure 1:2  « Processus de la communication de Shannon et Weaver »
le processus de communication.PNG

L’intention communicative : Toutes les actions communicatives humaines commencent par le besoin d’échanger des informations ainsi qu’acquérir divers objectifs, ceux-ci seront déterminants pour vérifier l’efficacité de l’action de communication.

L’émetteur : lance le message et a toujours une culture déterminée, un code.

Le codage : processus par lequel le contenu du message est défini pour un code déterminé.

La canal : support où le message est transmis, dans le cadre de notre recherche ce sont les médias sociaux

Le message : contenu de la communication, l’image à transmettre.

Le décodage : processus de compréhension, interprétation des signes selon le code utilisé. Plus l’émetteur et le récepteur partagent une large proportion du code, plus le processus de décodage est efficace. Ce point est encore plus important si nous parlons d’un environnement global. Dans le point 1.5 nous allons voir la théorie de la « culture visuelle », elle transmet l’idée que la globalisation a permis le partage des codes visuels globaux en créant des codes visuels compréhensibles dans le monde entier.

Le récepteur : il a une culture déterminée, et une relation individuelle avec le système de code (culturelle, sociale, religieuse, sa propre expérience de la vie…). Chaque récepteur reçoit  le message de façon différente en ajoutant de nouvelles informations au message (perception).

Le bruit : dans la communication, nous appelons bruit les processus externes qui affectent la compréhension du message, en rendant difficile l’acte de communication.

Le feedback : il faut introduire aussi la notion de rétroaction (feedback) de Norbert Wiener, où  le récepteur « reconnaît » le message reçu et informe l’émetteur des résultats de l’action communicative. En fonction de nos objectifs (intention communicative) nous pourrons mesurer si la communication a été efficace. Nous allons voir dans le point 3.2.4 quels sont les KPIs d’un contenu sur les médias sociaux.

La sémiotique ou sémiologie visuelle

La sémiotique n’est pas une discipline très ancienne, c’était au début du XXe siècle, quand le linguiste Ferdinand de Saussure avait conçu la possibilité de l’existence d’une science afin d’étudier les signes “dans la société”, qu’il a appelé la sémiotique.

En effet, la sémiotique ou sémiologie est une discipline qui étudie les signes et discute l’interprétation et la production de sens. Cette approche à la perception des concepts (figure 1 : 3)  est expliquée en 1925 par C. K. Ogden et I. A. Richards dans son triangle :

(figure 1 : 3)

Plus tard, en 1962, c’est S. Ullmann qui prend le triangle mais en appliquant la méthodologie de Ferdinand de Saussure (figure 1 : 4). Cette méthodologie est fondée sur le champ physique où : le signifiant est l’image acoustique mentale qui est causée par l’écoute de la séquence de phonèmes ou lettres écrits dans un texte, tandis que la signification est le concept mental lié à celle du signifiant.

(figure 1 : 4)

C’est lorsque nous parlons de différentes cultures que nous nous rendons compte de la limitation de la langue par rapport à l’image, car la langue a une limitation significative si nous souhaitons communiquer les mêmes concepts (figure 1 :5).

Espagnol Français
Madera Bois
Leña
Bosque
Forêt
Selva

Figure 1:5 « Limitation de la langue » 

C’est pour cela que sort la sémiotique visuelle, qui étudie plus concrètement les objets de signification qui se manifestent par le canal visuel. Jacques Bertin définit la sémiologie graphique comme :  « l’ensemble des règles d’un système graphique de signes pour la transmission d’une information ». (Bertin , 1967)

Bertin croit que il y a des propriétés des images qui peuvent être apprises et partagées et qui aident à mieux interpréter l’information transmise par les images. De cette façon Jacques Bertin distingue quelques règles de sémiotique graphique qui représentent la grammaire de la cartographie, mais qui sont aussi adaptées à la communication visuelle :

  • La lisibilité : afin de faciliter la compréhension et détacher la forme du fond.
  • La généralisation : afin de diminuer le niveau de détail pour simplifier les données et les adapter à une nouvelle échelle. Cela assure une meilleure communication.
  • L’identification : pour une meilleure lecture, il est important d’intégrer certains éléments, comme le logo de la marque.

En définitive, la sémiologie graphique est une discipline qui s’occupe :

  • de la transcription, dans le système graphique ou visuel, d’un ensemble de données
  • du traitement de ces données afin de faire apparaître l’information d’ensemble recherchée ;
  • de la construction d’images les mieux adaptées à communiquer cette information.

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